EtudiantPhilosophie

L’ubérisation d’entreprise.

EntrepriseSociétéUberisation

Introduction

Tout au long de l’histoire, l’Homme innove dans différents domaines plus ou moins impactant. On observe que ces innovations ont un impact direct sur l’évolution de l’Homme. Le feu par exemple est une découverte qui a permis l’éclairage, le chauffage et la cuisson, le feu va prendre une importance vitale dans le développement de l’Humanité.

Le phénomène d’innovation a toujours eu une importance fondamentale dans le processus évolutif de l’Homme. Au XIXe siècle, la révolution industrielle impose un changement historique radical sur l’économie et la société en générale. L’évolution technique permet la multiplication des innovations qui elles impactent directement la société.

En effet, le perfectionnement de la machine à vapeur a permis premièrement un gain de productivité majeur et dans un second temps engendré d’autres améliorations. Les paysans deviennent donc ouvrier, le progrès technologique permet donc un chamboulement au niveau technique, mais aussi au niveau de l’emploi.

En France, la reconstruction du pays suite à la Seconde Guerre mondiale va également permettre un bouleversement sociétal. Le plein-emploi va être possible grâce au plan Marshall (un programme américain d’aide économique pour l’Europe lancé après la Seconde Guerre mondiale). Cette expansion de l’emploi, de la consommation et bien sûr des naissances est dû au besoin de reconstruire le pays, les hommes et les femmes travaillent à remettre en état leur société. Tout comme les époques précédentes, l’après-guerre amène à une évolution technique et économique.

Entretien entre le Français Georges Bidault et l'anglais Ernest Bevin.

Entretien entre le Français Georges Bidault et l’anglais Ernest Bevin.

Rue des Archives/Credit ©Rue des Archives/AGIP

UN SERVICE PUBLIC AU SERVICE DU PUBLIC SNCF 1947

UN SERVICE PUBLIC AU SERVICE DU PUBLIC SNCF 1947

Paul COLIN

Affiche du Parti Communiste 1945

Affiche du Parti Communiste 1945

DEVENEZ MINEUR, PREMIER OUVRIER DE FRANCE...

DEVENEZ MINEUR, PREMIER OUVRIER DE FRANCE…

Édition Paul Martial, Paris – (1947)

À présent le monde vit dans une ère numérique qui elle aussi tend à un bouleversement, les manières de travailler, la création d’emploi et le changement du modèle économique prouvent que l’informatique est la nouvelle révolution. Les employés et leurs métiers évoluent, car cette “révolution numérique” n’est pas seulement un changement ou une évolution dans les processus économiques et social, mais une remise en question sur la valeur de l’Homme par rapport à l’informatique. 

Nous pouvons donc s’interroger sur comment les entreprises rencontrant une déstabilisation du modèle économique arrivent à évoluer avec leur temps et permettre à ses employés d’avoir une forte valeur ajoutée ?

La révolution numérique

La révolution numérique a bouleversé les sociétés grâce à l’informatique en particulier Internet. Cette innovation permet la mise en réseau du monde entier avec de nouvelles formes de communication, ce qui permet donc une circulation des idées plus importante et décentralisée. Les révolutions que l’histoire est connue auparavant étaient portées par des leaders ce qui par défaut supposait un processus pyramidal de décision. L’arrivée du numérique est un événement dans l’évolution des sociétés dans le sens où cette fois-ci elle crée une percée de l’esprit démocratique, car tout le monde à le même accès aux ressources. L’accès au savoir, la robotique et l’automatisation des processus sont une cause de la révolution numérique, mais aussi et surtout ont une conséquence sur l’aspect économique et social de notre société. 

OpenClassRooms

OpenClassRooms

Mathieu Nebra et Pierre Dubuc, cofondateurs d’OpenClassRooms.

Steve Jobs, Apple

Steve Jobs, Apple

Présentation de l’Iphone pendant le Keynote, 2007.

Boston Dynamics

Boston Dynamics

Le SpotMini, 2018.

La robotique.

En 1987 Robert Solow, économiste américain a étudié l’impact de l’informatique sur l’économie et a conclu que “l’ère de l’informatique est visible, partout sauf dans les statistiques de productivité”. Les entreprises utilisaient donc des ordinateurs et des robots au sein de leur processus de production, mais elles ne devenaient pas plus productives qu’avant. Cela a donc pris du temps pour que ces nouveaux moyens de production soient reconnus comme un facteur de productivité. En effet en 1994, la croissance de productivité aux USA s’accélère grâce à ces nouvelles technologies et sont enfin reconnus dans le monde comme un outil de gain de productivité.  Aujourd’hui, l’utilisation de la robotique s’accélère dans l’industrie, le stock mondial de robots industriels a doublé au cours des dix dernières années. 

Nous pouvons donc se poser une question cruciale qui est : quel impact a la robotique sur l’emploi ? 

En Europe, la densité de l’équipement robotique est aujourd’hui de 10 pour 100 employés en moyenne. L’Homme travaille donc avec et en compétition avec ce progrès technique. L’automatisation des processus a deux effets sur l’emploi. Premièrement, elle supprime des postes dans certains secteurs ou l’automatisation permet un gain de productivité plus conséquent que le travail humain, mais d’autre part la robotisation augmente la productivité au travail donc l’augmentation de la production donc de l’emploi. Le revenu généré par l’augmentation de la productivité permis par la robotisation de l’industrie crée une demande via la consommation ou l’investissement venu d’autres entreprises ou d’autres secteurs.

Son effet sur l’emploi est donc assez ambivalent. Il est négatif si le remplacement de la main d’œuvre permet une augmentation de la productivité donc aussi à la baisse des coûts de production, dans le cas contraire, il est positif. 

De plus, ce progrès technique, intégré aux processus de production, permet aussi la création d’emploi dans l’innovation de ces machines dans la réflexion et la créativité. 

L’informatique comme l’automatisation des processus robotiques est de loin le plus grand contributeur à la transformation des emplois des gens.

TEDX

On pourrait s’imaginer que dans un futur proche l’humanité se consacrera davantage à l’innovation et la créativité en remplaçant au fur et mesure les tâches fatigantes et rébarbatives par des robots. 

L’uberisation.

La première question que l’on va ce poser c’est « Quest qu’est l’uberisation ».

L’uberisation (ou uberisation), du nom de l’entreprise Uber, est un phénomène récent dans le domaine de l’économie consistant en l’utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi instantanée, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies.

Définition Wikipedia

Quand des entreprises comme Uber, Airbnb ou encore Blablacar sont arrivées sur le marché fin des années 2010, cela a créé un nouveau modèle économique, il est le résultat du développement des nouvelles technologies. En effet, cette nouvelle façon, de travailler consiste à mettre en relation directe le client et le professionnel via les innovations technologiques qui se traduit par une plateforme simple et intuitive à grande valeur ajoutée. 

L’entreprise joue alors le rôle d’intermédiaire entre les personnes, dans ce cas la, les lois sur le salariat ne s’applique plus car dans ce cas les personnes utilisant ces plateformes sont soit des particuliers soit des auto-entrepreneurs.

Le modèle économique prit à parti par ces entreprises est l’économie collaborative. 

C’est une économie de “pair à pair”, elle se repose sur le partage ou encore l’échange entre particuliers de biens, de services ou de connaissance avec un échange monétaire par l’intermédiaire d’une plateforme numérique de mise en relation. Elle se développe dans des secteurs d’activité comme le logement, le transport ou encore l’habillement. Les technologies numériques ont donc eu un impact déterminant dans le développement rapide et important de l’économie collaborative, tout comme la crise des Subprimes de 2008. En effet les particuliers ont cherché à faire des économies ou avoir des revenus complémentaires, la facilité et la rapidité d’accès à ces plateformes grâce à Internet à donc contribué une expansion importante de ces entreprises. Les particuliers ont donc plus facilement pu proposer leurs biens ou leurs services de manière régulière.

L’économie collaborative vient donc bousculer des modèles existants pour les consommateurs et aussi pour les entreprises, nous sommes passés de la possession d’un bien à son utilisation et son partage éphémère entre les personnes. De plus un particulier peut donc avoir des revenus sans pour autant être salarié ce qui est un chamboulement du modèle salarial connu au sein de la plupart des entreprises avant l’arrivée de l’économie collaborative. Nous pouvons envisager que demain les revenus supplémentaires deviendront des emplois eux-mêmes et donc voir l’auto-entreprenariat s’expandre et devenir dans le futur, la norme. 

Les nouvelle façon de travailler.

Pour illustrer les nouvelles façons de travailler à travers de nouveaux modèles économiques et l’ubérisation des entreprises, prenons l’exemple concret de Romain Couturier travaillant chez SuperTilt en tant que facilitateur systémique. Son métier consiste à accompagner les entreprises et les équipes dans la gestion de la complexité humaine produite et méthodologique.

Lorsqu’il aborde le terme d’agilité, il parle d’une nouvelle manière de travailler en entreprise. Ce qui est intéressant d’observer, c’est donc que la mise en place de cette nouvelle méthodologie dans différentes organisations amène à une évolution des mentalités chez les acteurs concernés. Effectivement passer d’un management pyramidal, c’est-à-dire une hiérarchie bien définie à une approche dite circulaire ou systémique où chaque personne de l’entreprise apporte une valeur ajoutée. On demande maintenant aux équipes d’être sur le même pied d’égalité. Le principe est que chaque employé est auto-organisé, auto-apprenant et peut individuellement s’auto-déterminer. 

Grâce à cette nouvelle vision du travail nous pouvons aborder la notion de projet. Le projet d’une équipe ne consiste plus seulement à aller au travail pour gagner un salaire sans être forcément impliqué dans le projet de l’entreprise, mais au contraire, c’est un travail de groupe pour l’élaboration d’un projet commun apportant une valeur ajoutée avec une certaine recherche de performance individuelle. 

Cette méthodologie est aujourd’hui enseignée dans les écoles et les parcours universitaires. On l’appelle par ailleurs la méthodologie par projet. 

La notion de partage présente dans les nouveaux modèles économiques découlant de l’ubérisation des entreprises est donc aussi présente au sein même des sociétés. Le partage des idées, des compétences est donc à présent des points important pour aboutir à un projet.

Le conflit générationnel.

Entre la révolution numérique, les changements d’organisation ou encore les modèles économiques modernes, un conflit générationnel a pu être observé. En effet, l’utilisation des nouvelles technologies n’est pas à la porté de tout le monde. Comme on peut le voir précédemment l’implémentation des innovations technologiques dans les différents secteurs, est en pleine expansion. Mais que devient l’avenir d’individus non formés, ces personnes qui finalement non pas l’envie de passer au nouvel air ? 

Pour eux, les notions de valeur, de projet et d’agilité sont des procédés qui ont pour conséquence une implication importante dans le milieu professionnel ?

La valeur.

Pour parler de valeur, il est nécessaire de parler d’implication. Dans le cas précis du travail, on peut dire que la valeur ajoutée d’une personne est le taux d’implication qu’elle peut avoir envers son projet. La valeur est un point fondamental dans les nouvelles formes de travail. Lorsque l’on parle de Srum, Kanban ou encore Agilité, on veut surtout exprimer que par défaut les acteurs se doivent d’être auto-organisé et surtout impliquer dans le projet. Sans implication, les équipes encadrées par le management circulaire, ne pourraient pas fonctionner, en effet, l’auto-organisation ne peut pas être si l’implication n’est pas présente. 

Selon moi, notre génération a un besoin profond d’entreprendre. La révolution numérique mène évidemment au savoir accessible, mais aussi à la concurrence de plus en plus présente dans les métiers de demain. Ce phénomène entraîne considérablement une augmentation de talents. Aujourd’hui, la valeur ajoutée d’une personne n’est plus seulement facultative, mais nécessaire.

Pourquoi vous et pas un autre ?

Cette phrase couramment utilisée dans les entretiens de recrutement nous explique beaucoup sur la notion de valeur. Elle induit directement qu’il n’est plus nécessaire de bien faire son métier, mais qu’il faut se dépasser, innover, se surpasser et donc par conséquent avoir une forte valeur ajoutée.

Le projet.

Auparavant, on parlait de QI (quotient intellectuel) qui permet par définition de mesurer l’aptitude logique à effectuer une tâche. Ces dernières années, le QE (quotient émotionnel) fait son apparition comme critère d’embauche au sein des entreprises, en effet, il permet de mesurer l’aptitude émotionnel à appartenir à une équipe, comment la personne embauchée va se comporter avec son équipe de travail et quel profil émotionnel cette personne va adopter, et donc quelle sera sa place au sein d’un projet. 

Appartenir à un projet, est l’essence même de la motivation professionnelle. Ce mot est très souvent utilisé dans le jargon des métiers du digitale. D’un point de vue psychologique, les individus vont se sentir investis et vont avoir un sentiment d’appartenance direct. Il permet donc pour la partie managériale de rassembler les personnes au sein d’une société. 

Le travaille alimentaire.

Mais avons-nous pensé au gens qui ne souhaitent pas être dans l’innovation ou la créativité, ces personnes qui exercent ce que l’on appelle “un travail alimentaire”. 

(travail alimentaire) Type de travail qui est effectué sans passion, uniquement pour l’argent.

Définition Wikipedia

En effet, des personnes n’ont pas forcément l’envie d’appartenir à un projet ou exercer un métier de recherche ou de réflexion. Tous ces métiers sont les proies et donc “sous emprises” directes des nouvelles technologies. Notre société est sûre, dans l’idée que l’Homme ne doit pas s’infliger des tâches rébarbatives et fatigantes, et que l’Homme doit se consacrer à l’innovation et la créativité en priorité. Les caisses automatiques sont un exemple idéal pour illustrer le remplacement des tâches rébarbatives par des robots, cela est même pire, car dans ce cas précis, il s’agit d’une délégation à l’utilisateur. En effet, le client scanne lui-même les produits et choisit lui-même les modalités de paiement par exemple sur un écran tactile. Nous sommes donc ici précisément dans le cas d’une uberisation de service. 

Le travail alimentaire est donc directement impacté, partons du principe que la majorité des emplois alimentaires se trouvent dans les secteurs où les tâches effectuées, demandent une faible valeur ajoutée, voir aucune. Ils sont donc bien sûr la cible des robots et des processus automatiques.

Conclusion.

Damso — Œveillé

00:00

02:05 - 02:15
Promouvoir l'irraison puis être pris pour exemple
Donner des directions, donner des solutions
Donner des directives sur la vie active
Disant qu'la vie active doit être la vie des gens
Comme une érosion d'émotions sélectives

Dans Œveillé, single sorti le 24 janvier dernier, Damso aborde le thème de l’implication social. Ce qui est intéressant dans cette répétition, c’est que le mot ”vie” à toute son importance. Il interroge sur l’importance de notre vie et de la vie en générale. Si on part de son constat, il est pertinent de se pencher sur le passé. En effet, le travail n’a pas toujours été ouvert à l’ensemble de la société. Aujourd’hui, comme le dit Damso, tout vise à dire que la vie active doit être la vie des gens. Mais comme on a pu le voir précédemment tous vise surtout à dire que la vie des gens doit être non seulement active, mais impliquante. 

Les personnes dont le métier a été supprimé, remplacé ou ayant prit un virage digital ne veulent pas spécialement s’impliquer ou appartenir à un projet.

Si l’on s’intéresse au développement personnel, il y a deux théories totalement opposées. La première est une quête de l’objectif, le besoin permanent de progresser et de se surpasser pour aboutir à un objectif. Les entrepreneurs, les directeurs de grande société, prônent ce mode de développement, c’est ce que l’on peut appeler la “mode start-up”. 

La seconde théorie porte sur une quête de soi et au rapport que l’on entretien à la vie. Il faut profiter du moment présent. Prendre la vie comme elle vient, donc le total opposé.

Tout cela nous montre que ne pas travailler pourrait être légitime. En effet, nous pourrions nous interroger sur le fait que les personnes en quête d’objectifs, entre autre professionnels seraient finalement les personnes faites pour travailler, car elles seraient davantage impliquées pour atteindre un but commun. A contrario les personnes ayant une autre vision du monde professionnel pourraient se consacrer à autre chose que la vie active. Et prévoir un plan de financement équilibré et partagé.

Je mettrai en place un revenu universel d’existence pour chaque citoyen, afin de lutter contre la précarité etde développer un nouveau rapport au travail et au temps libre.

Benoît Hamon

En conclusion, les questions à se poser sont :

“Est-il légitime de demander à tous les acteurs de la société d’appartenir à un projet, être impliqué, former une équipe ou de travailler via des interfaces numériques ?”

“Comment générer de la valeur avec un individu non préparé qui vit un virage digital ou faire en sorte qu’il ne fasse pas descendre la valeur du service même ?”

“Pourrons-nous un jour construire un monde à deux vitesses, avec d’un côté les travailleurs qui innovent et créent pour le développement et une autre partie qui prendra soin de notre existence pour faire avancer l’humanité vers un monde plus sain ? “

— Rémi Clauss